Église Saint-Charles

135, rue Barrette

Véritable phare de la francophonie et monument qui s’impose dans le paysage de l’avenue Beechwood, l’église Saint-Charles demeure un symbole vivant de la présence francophone dans le Quartier Vanier.

L’église Saintt-Charles a été construite sur un lot boisé donné par T.C. Keefer en 1908 pour répondre au désir des paroissiens qui se plaignaient que les églises Notre-Dame-de-Lourdes et Sainte-Anne d’Ottawa étaient bien loin de chez eux.

La nouvelle église, en briques rouges, devient le centre d’une paroisse dont le territoire s’étend des deux côtés de l’avenue Beechwood. Le premier curé de la paroisse est un Montfortain, le père Louis-Marie Fillaudeau. Il quitte la paroisse en 1912 pour s’établir comme supérieur à la maison montfortaine de Dorval, près de Montréal. Son successeur, le curé Francois-Xavier Barrette, complète en 1913 la construction du presbytère et de la salle paroissiale, aujourd’hui disparue.

À l’origine, l’église était fièrement décorée, mais plusieurs travaux de rénovation à partir de 1969 ont épuré les nombreuses décorations pour en faire un intérieur plus moderne et sobre. L’église peut accueillir jusqu’à 300 fidèles. En 2008, de nombreuses festivités marquent le centenaire de la paroisse.

Le lieu de naissance de l’Ordre de Jacques-Cartier…
La société secrète des Commandeurs de l’Ordre de Jacques-Cartier voit le jour le 22 octobre 1926 au presbytère paroissial de l’église Saint-Charles. Elle est l’oeuvre du curé François-Xavier Barrette et d’un petit groupe de fonctionnaires canadiens-français. La société exclusivement masculine a pour mandat d’assurer le bien commun des catholiques de langue française au Canada par la formation d’une élite militante afin de promouvoir leurs intérêts, tant au sein de la fonction publique que dans l’entreprise privée, tout en contrant l’influence des sociétés anglo-protestantes (comme les francsmaçons).

La puissance de l’Ordre s’est fait sentir dans tous les aspects de la vie au Canada français jusqu’à sa dissolution à Ottawa le 27 février 1965. Le démantèlement de l’Ordre était perçu comme une conséquence de la Révolution tranquille québécoise et signifiait pour plusieurs chercheurs la fin du Canada français.

À son apogée, l’Ordre comptait 504 groupes locaux dispersés à travers 1140 municipalités. On peut estimer le nombre de membres à plus de 11000 en 1960.


Neuf fondateurs de l’Ordre de Jacques-Cartier. Ottawa, 28 septembre 1952 / Champlain Marcil, Le Droit. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Ordre de Jacques-Cartier (C3), Ph3-3/12B