École Vision Jeunesse
235, avenue McArthur
L’école Vision-Jeunesse est une école élémentaire qui fait partie du Conseil des écoles catholiques de langue française de l’Ontario. Cette école était auparavant le Eastview High School, la première école secondaire bilingue en Ontario, qui est ensuite devenue l’école André-Laurendeau, une des premières écoles secondaires publiques entièrement francophone en Ontario.
Du Eastview High School à l’école André-Laurendeau
Au cours de la première moitié du vingtième siècle, les étudiants francophones de la région qui désiraient poursuivre des études secondaires devaient le faire dans des établissements privés ou dans des écoles secondaires anglophones d’Ottawa. La réticence du gouvernement provincial en matière d’éducation pour la minorité francophone était alors bien évidente. L’enseignement du français avait d’ailleurs presque entièrement été banni en Ontario à la suite du Règlement 17 de 1912 à 1927. On cherche même, à la suite du Rapport Hope de 1950, à interdire l’enseignement dans les écoles confessionnelles pour les enfants âgés de plus de douze ans.
C’est dans ce climat tendu que la ville d’Eastview commence à militer dans les années 1940 pour une école secondaire afin de desservir sa population majoritairement francophone. Le maire Donat Grandmaître, appuyé par plusieurs citoyens, dont le Père Edmond Ducharme de la paroisse Notre-Dame de Lourdes, se rend à Toronto pour demander la création d’un district d’école secondaire, qui lui est enfin accordé en 1947.
Les travaux en vue de la nouvelle école, construite sur l’avenue McArthur, débutent en juillet 1948 et se terminent en septembre 1949. Lors de son ouverture, l’école comptait 370 étudiants et 17 professeurs, mais pouvait en accueillir plus de 500.
À cette époque, il n’existait pas encore d’école secondaire publique entièrement francophone en Ontario. Par contre, en raison de la forte concentration de francophones à Eastview, le Eastview High School s’affiche comme une école complètement bilingue pouvant desservir à la fois les francophones et les anglophones de la région.
Des Franco-Ontariens d’un peu partout dans l’est de la région fréquentaient cette école afin de profiter de l’enseignement bilingue du Eastview High School. Certains arrivaient même chaque matin d’aussi loin que Cumberland, Gloucester et même Sarsfield. En fait, l’école s’affichait bien plus comme un établissement francophone qu’anglophone en raison de la forte affluence franco-ontarienne, même si, selon la loi ontarienne, tous les cours, à l’exception du français, du latin, de l’histoire et de la géographie, devaient se donner en anglais.
Compte tenu de l’accroissement de la population étudiante, des travaux d’agrandissement sont entrepris entre 1960 et 1963, permettant à l’école d’accueillir près de 1300 étudiants et une soixantaine de professeurs.
L’école André-Laurendeau
L’école André-Laurendeau après les rénovations de 1983.
Un vent de changement s’annonce dans les années 1960 au niveau des droits linguistiques en Ontario. Avec la montée du nationalisme québécois, le gouvernement fédéral met sur pied une Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme en 1963, coprésidée par André Laurendeau et Arnold Davidson Dunton. Cette commission étudiera, entre autres, l’enseignement du français en Ontario.
Dans la foulée des revendications du Québec des années 1960 qui voulait obtenir la mainmise sur l’ensemble du fait français au pays, le gouvernement ontarien de John P. Robarts change son fusil d’épaule et s’affiche en faveur du bilinguisme institutionnel à l’échelle nationale. En août 1967, son gouvernement annonce que des écoles secondaires françaises seront construites en Ontario. La loi sur les écoles secondaires et conseils de l’éducation est modifiée en 1968 pour permettre l’établissement de telles écoles dans la province.
Le 9 octobre 1969, le directeur du Eastview High School annonce aux élèves que l’école deviendra une école secondaire uniquement francophone. L’école est ainsi rebaptisée André-Laurendeau, en l’honneur du coprésident de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme au Canada.
L’école André-Laurendeau continue par la suite d’accueillir plusieurs francophones de la région pendant de nombreuses années. L’école est rénovée de fond en comble en 1983, ce qui permet à l’école secondaire d’offrir une variété de cours tant académiques que techniques. En 1989, l’école passe au Conseil des écoles catholiques de langue française, puis finalement, suite à une baisse de la population étudiante, l’école André-Laurendeau ferme ses portes en 1998. Elle est rénovée et héberge aujourd’hui les écoles élémentaires Vision-Jeunesse et Le Petit-Prince.
Mural « Vision Jeunesse et ses richesses »
Artiste : Yvan Dutrisac et étudiants (2002)
Sur la façade avant de l’école, un mural illustre des activités scolaires, sportives et culturelles avec l’accent sur les diversités ethniques.

